Dès qu’on mentionne Katmandou, on se remémore automatiquement les images tragiques retransmises dans les médias à la suite du séisme ravageur qui a violemment secoué la région en Avril-Mai 2015: Des visages meurtris, des bâtiments détruits, du chaos et du désarroi. Six mois après le séisme qui l’a ébranlé, Katmandou se rétablit et la vie continue… 

En plus de faire des dizaines de milliers de victimes et causer des millions en dommages matériels, le tremblement de terre qui a survenu en Avril et Mai 2015 a partiellement détruit le patrimoine culturel népalais. Six mois après cette catastrophe meurtrière, les séquelles sont encore visibles, mais ce qui nous a touché le plus lors de notre visite, c’est surtout le courage et la résilience des citadins de la capitale, qui vaquent à leurs occupations avec l’espoir et la détermination de bâtir un avenir meilleur. C’est précisément cette normalité et cet optimisme qu’on aimerait vous transmettre à travers ces photos de scènes de vie quotidiennes qui mettent à l’honneur une capitale blessée et un peuple qui panse ses plaies.

Première impression de Katmandou

À notre arrivée à Katmandou, on découvre une ville pittoresque grouillante de vie qui célèbre en grand le Diwali, la fête hindoue des lumières. Devant ces festivités, on se demande presque si c’est la fatalité qui anime les Népalais, sachant que le risque zéro n’existe pas.

nepal-kathmandu-00035

Le Durbar Square de Katmandou

Les bâtiments les plus anciens du Durbar Square, le centre historique de la capitale inscrits au patrimoine de l’Unesco, sont presque tous en ruine, mais les efforts de reconstruction sont en cours. Ce jeune moine Théravada se tient debout au milieu des débris tous les jours comme un ange entouré de colombes, pour absorber l’énergie de cet endroit mystique et recueillir l’aumône du jour.

nepal-kathmandu-09752

Quelques édifices restent intactes, d’autres sont étayés de madriers, tandis que certains sont totalement effondrés. Devant chaque monument, on a installé des photos avant-séisme qui rappellent la grandeur jadis de ces vestiges historiques. Les yeux de Bouddha veillent sur les efforts considérables de reconstruction.

nepal-kathmandu-4249

Un groupe de femmes sont assises sur un tas de briques au Durbar Square en chantant des mantras à tue-tête.

nepal-kathmandu-4261

C’est dimanche, les népalais s’ornent de leurs plus beaux vêtements pour visiter le centre ville en famille, se recueillir dans les temples, et honorer leurs ancêtres.  Cette petite fille était fascinée par mon apparence mais n’osait pas m’interpeller. Elle était soudain très naturelle au moment de prendre la photo.

nepal-kathmandu-09651

La vie côtoie la mort à Pashupatinath

Construit au bord de la rivière Bagmati, la plus sacrée des rivières au Népal, le temple de Pashupatinath et ses ghâts de crémation sont le théâtre d’un rituel quotidien troublant aux yeux des visiteurs occidentaux. On s’imagine les centaines de crémations publiques qui ont eu lieu ici après que le séisme ait fait tant de morts. Mais mourir au Népal, c’est aussi renaître, et Pashupatinath est le meilleur testament de cette philosophie. Alors que les uns disparaissent en cendres, d’autres prient, jouent, mendient, vendent, nagent, font la lessive, pleurent, rigolent… La vie suit son court après la mort dans ce lieu de culte haut en contrastes.

Plusieurs Sadhus, ou babas comme on les appelle affectueusement, des renonçants en quête de sainteté, méditent silencieusement indifférents à la foule, alors que des mendiants déguisés en saints hommes posent pour les photos des quelques touristes ahuris.

nepal-kathmandu-09824

À l’entrée des ghâts où ont lieu les crémations des morts et les rituels de purification dans la rivière sacrée, cette femme vend des cacahuètes grillées, et nous offre un sourire bienveillant.

nepal-kathmandu-09673

Le Durbar Square de Patan

Le Durbar Square de Patan, qu’on appelait jadis Lalitpur, la Belle Ville, est bien moins touristique que celui de Katmandou et beaucoup moins affecté par le séisme. Patan est considérée comme le berceau des arts et de l’architecture newar qui ont marqué de leurs empreintes toute la vallée de Katmandou, et plusieurs artisans y perpétuent la tradition de la ferronnerie et de l’orfèvrerie.

Mike en a profité pour acheter un bol chantant népalais fait à la main par un artisan local qui utilise ses bols dans un centre de soins thérapeutiques. La tradition d’origine tibétaine veut qu’un alliage de sept métaux différents soit employé, chaque métal se rapportant à un des sept chakras, ce qui leur donne, dit-on, des vertus thérapeutiques.

nepal-kathmandu-09513

Des ados apprentis artistes sont occupés à graver des statues de divinités hindous en écoutant du Justin Bieber à fond la caisse. Les ados restent des ados.

nepal-kathmandu-09479

En plus des métiers de ferronnerie et de l’orfèvrerie, on retrouve à Patan des artistes peintres dans l’art du Mandala, des œuvres d’art d’une grande complexité. Dans le bouddhisme, le mandala est un support de méditation et une offrande d’une grande valeur spirituelle.

nepal-kathmandu-09617
nepal-kathmandu-09496

La région de Patan compte plus d’une cinquantaine de temples, stupas et monastères. Ce monsieur s’occupe tous les jours de remplacer les bougies du temple d’or (Golden Temple).

nepal-kathmandu-09560
nepal-kathmandu-09551

Ce vieil homme vient de finir son déjeuner au temple. Si les articles en cuir sont strictement interdits à l’intérieur des temples, c’est très courant pour les locaux de manger à l’intérieur.

nepal-kathmandu-09555

Les stupas Boudhanath et Swayambunath de Katmandou

Si la célèbre stupa de Boudhanath a perdu son oeil divin lors du séisme, la stupa de Swayambunath perchée au haut d’une colline maintient encore sa fière allure et son regard doré envoûtant. Malgré les échafaudages qui font maintenant partie du décor, les deux lieux sacrés suscitent toujours la dévotion des visiteurs.

nepal-kathmandu-09988

Aux rythmes des chants monastiques, les pèlerins font le tour de la stupa blanche dans le sens des aiguilles d’une montre, en tournant les roues de prières, en allumant de l’encens, en récitant des mantras, et en faisant pleins d’autres rituels qui nous échappent.

nepal-kathmandu-09976

Les singes sont maîtres des lieux à Swayambunath. D’ailleurs le temple est surnommé le « Monkey Temple« , le temple des singes.  Bien que sacrés, les singes de nature chapardeur ne sont pas forcement appréciés par les locaux. Il faut dire qu’ils n’ont pas toujours l’air aussi adorables.

nepal-kathmandu-09947

Foisonnement du quartier Thamel

À Thamel, le quartier touristique, l’ambiance est tellement trépidante qu’il est difficile d’imaginer que le ciel leur est tombé sur la tête. Les traces du séisme sont presque invisibles. Il faut avoir un bon sens d’observation pour remarquer les fissures dans certains bâtiments, les poutres de fortune en bois, ou quelques tas de briques qui traînent encore.

À travers les multiples hôtels, maisons d’hôtes, restaurants, et magasins de babioles, il y a aussi juste en périphérie du centre touristique, des marchés locaux hauts en couleurs et foissonnants d’énergie.

nepal-kathmandu-09853
nepal-kathmandu-09677
nepal-kathmandu-09678
nepal-kathmandu-09634

Une photo ironique de jeunes népalais aux allures occidentales modernes qui se rendent dans un restaurant nommé « the third world », le (pays) du tiers monde…

nepal-kathmandu-09604

La vie de quartier à Katmandou

L’électricité n’est pas disponible en tout temps à Katmandou. Des grilles horaires sont distribuées chaque mois aux habitants pour les avertir des horaires des coupures par quartier qui sont respectées religieusement. Ainsi, la plupart des jours dans notre quartier, il y avait des coupures d’électricité de 8:00 à 12:00 et de 16:00 à 20:00.  Certains jours comme les mercredi l’électricité était coupé pendant 12h dans la journée. Il fallait bien planifier ses journées.

nepal-kathmandu-09470

Dans chaque quartier, les hommes ont l’habitude de se regrouper à la place publique pour discuter de pluie et de beau temps, d’opportunités d’affaire, de politique, et d’affaires familiales.

nepal-kathmandu-09595
nepal-kathmandu-09591

C’est la rentrée d’école. Un professeur essaie de rassembler ses élèves qui jouent à l’élastique dans la cours.

nepal-kathmandu-09912

Des Momos, petits chaussons cuits à la vapeur et fourrés de viande ou de légumes, une spécialité typique népalaise, sont toujours en préparation à chaque coins de rue de la capitale népalaise. À s’en lécher les doigts !

nepal-kathmandu-00030

Une dame s’entretient avec le moine en charge du monastère du quartier. La religion et la tradition ont une place de choix dans la vie des népalais.

nepal-kathmandu-09573

Les temples de quartier sont des lieux de recueil et de méditation.

nepal-kathmandu-09649
nepal-kathmandu-09641

Le tourisme à son plus bas au Népal

Dans les échoppes de souvenirs, les touristes se font de plus en plus rares et les vendeurs gonflent les prix au max par désespoir pour tenter de limiter les dégâts, mais les quelques touristes qui ont décidés de visiter le Népal malgré les avertissements des guides touristiques, agences de voyages et médias occidentaux sont frileux. C’est un cercle vicieux qui frustre autant les vendeurs que les visiteurs. La solution: Que l’activité touristique reprenne pour re-balancer l’offre et la demande.

Le premier prix demandé pour cette marionette est 2500 roupies, l’équivalent de 25$, 5 fois plus que le prix demandé en temps normal selon les dires des locaux.

nepal-kathmandu-09626

Visiter le Népal en 2016 ?

Le meilleur moyen de contribuer à la reconstruction du Népal est de le visiter. On dit d’un touriste crée de l’emploi pour 3 népalais en moyenne. Alors qu’attendez-vous ?

nepal-kathmandu-09488