J’étais persuadée que nous allions couler. Mike et moi, on s’est fait un plan de survie. Je m’occupe de prendre rapidement les 2 gilets de sauvetage en dessous des sièges et il s’occupe de défoncer la fenêtre à coté, sans blagues…

Speedboat de Bali aux îles Gili

Nous étions comme sur des montagnes russes à la merci d’une mer déchaînée, et entre les mains d’un capitaine kamikaze qui se faisait un malin plaisir de nous torturer. Le bateau sautait et s’écrasait sur des vagues hautes comme des immeubles. La cabine dans laquelle nous sommes tous entassés comme des sardines s’est transformée en sauna, pas de climatisation, pas d’air, juste la chaleur torride et le mélange d’odeur d’essence, de sueur et de vomis. Oui presque tout le monde était malade, et ceux qui ne l’étaient pas essayaient en vain de soulager les autres de leur supplice. Mike faisait partie de l’équipe de soutien, moi de l’équipe des champions du vomis.

Soudain, la vitre d’une des fenêtres explose sous la pression des vagues et l’eau déferle violemment dans l’habitacle. On va couler. À l’aide ! On saute, on crie, on essaie d’avertir le capitaine de cette situation qui dégénère à vue d’oeil, et dont il semble être totalement inconscient. Deux matelots réussissent tant bien que mal à scotcher la vitre en place de façon précaire. Une vingtaine de passagers sont trempés jusqu’aux os. On se demande si nos précieux bagages dans la soute ne sont pas déjà sous la flotte.

La symphonie des vomis recommence. On va bientôt manquer de sacs. Un vieil homme assis à côté de Mike commence à gémir en serrant son coeur. Est ce qu’il est en train d’avoir une crise cardiaque ? Est ce qu’il y a un médecin à bord ? Une passagère infirmière saute par dessus les sièges pour lui venir en aide. Elle lui déchire sa chemise et commence à lui masser le thorax en espérant le soulager de son malaise. C’est la panique générale.

Je me met en boule, je ferme les yeux, je m’enfonce mes écouteurs dans les oreilles, je met de la musique à fond et je dégueule toutes mes trippes en essayant de m’imaginer ailleurs, dans une « happy place, » sur la terre ferme de préférence. Après 3h en enfer, nous nous échouons enfin au paradis sains et saufs. Bienvenue aux îles Gili ! Ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort, dit-on.

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Retour des îles Gili à Bali

J’ai longtemps hésité entre louer un hélico pour revenir à Bali ou rester indéfiniment sur les îles Gilis, mais après avoir consulté notre maigre compte en  banque, j’ai décidé de prendre mon mal en patience et de reprendre le fastboat. Il faut dire qu’après quelques jours au paradis, comme des poissons rouges, on oubli rapidement l’épisode cauchemardesque auquel nous avons été assujettis. Il faut croire que le sable blanc, les fabuleux couchers de soleil et les eaux turquoises grouillantes de vie doivent être une excellente thérapie contre ce genre de traumatismes.

Cette fois, je me dope à la Dramamine 30 minutes avant l’embarquement comme c’est indiqué dans la posologie du médicament, mais comme on embarque 2h en retard, j’ai commencé à avoir le mal de terre. Oui je suis sérieuse ! Ma théorie, c’est que le médicament stabilise ton cerveau lorsque tout bouge autour (en bateau), mais lorsque rien ne bouge (sur la terre ferme), c’est ta tête qui tourne. C’est pas très scientifique mais je vous jure que c’est vrai.

Une fois dans le bateau, nous naviguons avec aisance à travers une mer calme et placide. Certains passagers en profitent même pour bronzer sur le pont. On aurait dit un clip de JLo dans un yacht privé voguant sur les eaux clémentes des Caraïbes. « Est ce qu’on est bien dans le bateau qui va vers Bali ? » je demande à maintes reprises. Oui, nous sommes bien en train de traverser le détroit infernal de Lombok à Bali. C’est juste qu’aujourd’hui, dame nature a décidé de nous épargner. Merci dame nature ! Je te pardonne pour la dernière fois.     

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Comment aller aux îles Gili

Les fastboats vers les Gili: Ce qu’il faut absolument savoir

  • Les fastboats sont le moyen de transport le plus populaire et le plus risqué. Le détroit de Bali à Lombok est connu pour sa houle infernale et la traversée est donc à vos risques et périls.
  • Il y a plusieurs fastboats, de toutes les tailles et de toutes les formes et tous les tours opérateurs à Kuta, Denpasar, Ubud, Amed et Lembongan vendent des billets.
  • La traversée à partir du port de Padang Bai prend en théorie 2h et coûte maximum 300 000 IDR pour l’aller simple, ou 600 000 IDR pour l’aller retour incluant le transport terrestre de votre hôtel jusqu’à Padang Bai.
  • La traversée du port de Amed ne dure qu’1h et c’est donc une très bonne option B vu que le trajet est plus court et le prix moins cher évidemment.
  • Il y a aussi la possibilité de traverser directement de l’île de Nusa Lembongan directement vers les Gilis en 1h30.
  • Les fastboats en partance de Bali s’arrêtent souvent à Gili Trawangan, Gili Air et Lombok dans cet ordre ou dans le sens contraire.
  • Ne prenez jamais le fastboat le même jour que votre vol international, il y a de très fortes chances de rater votre vol. Les bateaux sont tout le temps en retard, et ils sont parfois annulés pour plusieurs jours de suite si la météo n’est pas clémente.
  • On va essayer de vous vendre des billets plus chers en promettant un meilleur bateau, un trajet plus direct, plus court, avec un meilleur service, etc. La réalité c’est que peu importe ce que vous avez payés, il y a de très fortes chances que vous allez tous vous retrouver au même endroit, probablement dans le même bateau, en train de naviguer la même mer déchaînée (ou pas), et avec le même niveau de désorganisation et de chaos.
  • Une fois au port, si votre bateau vous semble surchargé ou trop en mauvais état, refusez d’embarquer et attendez le prochain. Suivez votre intuition ! Elle vous trompera très rarement.
  • Si vous avez tendance à souffrir d’un mal de mer intense, si vous êtes enceinte, accompagnés de jeunes enfants ou avez un dos sensible, ne prenez pas le risque des fastboats.

Le slowboat ou le ferry public

  • Il y a un ferry presque à chaque heure de la journée. C’est un moyen de transport parfait pour le voyageur qui a plus de temps que d’argent. Ça coûte seulement 45 000 IDR par personne mais c’est un bateau limace très sécuritaire qui réussit à faire la traversée de Lombok (port de Lembar) à Bali (port de Padangbai) en 4h. À cela, il faut rajouter 2h de taxi(250 000/300 000 IDR) pour aller de Lembar à Bengsal et prendre un bateau local (15min à 12 000 IDR) pour Gili Air. Sloooooowboat !

L’avion Bali-Lombok + bateau

  • Il n’y a pas d’aéroport sur les îles Gili mais il y a des vols de 25 minutes entre l’aéroport de Denpasar Bali (DPS) et l’aéroport de Lombok. Les prix diffèrent selon les saisons, et les compagnies offrent souvent des promos pour ceux qui s’y prennent à l’avance (ex: Garuda Indonesia, Lion Air, Merpati Airlines).
  • Il faut ensuite prendre un transport terrestre entre l’aéroport de Lombok et le port de Teluk Nara, puis un bateau pour faire la traversée de 15-30 minutes vers les îles Gili (Gili Air, Gili Meno et Gili Trawangan dans cet ordre).

L’hélicoptère

  • Non ce n’était pas une blague. Air Bali offre un service de vol par hélicoptère entre Bali et Gili Trawangan qu’ils appellent le « Gilicopter » disponible chaque vendredi et dimanche. C’est un très bon moyen de dépenser 365$ en 45 minutes pour planer au dessus du magnifique paysage aérien des îles Gili.

Plongée sous-marine aux îles Gili

Oui je me suis remis sur un bateau pour aller faire de la plongée sous-marine dans les eaux bordant les îles Gili. Apparemment, la traversée ne m’a pas autant traumatisé que ça. Les fonds marins sont éblouissants de beauté et c’est un des meilleurs endroits pour faire ses cours de plongée et obtenir sa certification Padi Open Water.

À lire : Apprendre à plonger aux îles Gili   

Avez-vous été aux îles Gili ? Racontez nous vos péripéties dans la section commentaires ci-bas.

Bon vent !