Le Torres del Paine au Chili, c’est le Brad Pitt de la Patagonie, LE parc national vedette de toute la région. Une beauté sauvage, une force à l’état brut, d’une versatilité étonnante, et d’une fragilité enivrante, sa réputation le précède. 6 jours passés dans ce territoire sublime, et nous sommes absolument en amour avec la Patagonie Chilienne. Le parc, c’est 227 000 hectares de forêts vierges qui revêtent plusieurs couleurs, de montagnes imposantes qui déchirent le ciel, d’aiguilles granitiques qui percent les nuages, de glaciers vivants qui se fraient un chemin entre les montagnes, de lagons aux teintes émeraudes qui reflètent des paysages étourdissants, de plaines désertiques qui se font fouetter par le vent, de cascades qui jaillissent des crevasses des glaciers, plusieurs microclimats qui donnent vie à une faune et une flore des plus diversifiés… C’est un territoire des extrêmes et il y a de quoi en ravir tout amoureux de nature sauvage. Pas étonnant que ce soit la mecque des trekkers venus des quatre coins de la planète.

Il est possible de visiter le parc Torres del Paine avec ou sans l’aide d’un guide, en restant dans des hôtels luxueux en périphérie du parc, ou dans des refuges et terrains de camping rustiques à l’intérieur du parc. On peut y exercer toutes sortes d’activités, allant de la simple randonnée, à l’escalade, le trek sur glace, l’équitation, le kayak et j’en passe. Il y en a donc pour tous les goûts. Par contre, il faut noter que le seul moyen de visiter le coeur du parc est de faire de la randonnée pendant plusieurs jours d’affilé, et de passer la nuit dans les quelques refuges ou terrains de campings parsemés à des endroits stratégiques à travers le parc. Il faut « souffrir » pour mériter que le parc nous dévoile toute sa beauté. Évidemment, nous avons décidé de se la jouer « Survivor » et d’y aller pour l’expérience immersive totale dans le massif du Paine.

Le massif du Paine, un système de montagnes indépendant de la chaîne des Andes, est l’attrait principal du parc et attire chaque année des trekkers, des campeurs, des scientifiques, des photographes, des artistes et des curieux de partout dans le monde. Ce massif continue à être modelé par des glaciers vivants depuis maintenant plus de 12 millions d’années, ce qui donne vie à des paysages absolument époustouflants. Afin de visiter le massif, les visiteurs ont le choix entre plusieurs circuits, mais le plus populaire est indéniablement la randonnée mythique du « W » qui doit son nom à la forme de la lettre W que dessinent les sentiers. C’est environ 90km de marche en tout et pour tout, sur des sentiers accidentés, avec de grosses ascensions et de grosses descentes, sac à dos sur le dos. Autant vous dire qu’il faut des genoux et des épaules solides et une détermination inébranlable. Il est possible de faire le chemin du W en un minimum de 3 jours si on est un trekker « hardcore » aguerri, un peu maso et avec des tendances suicidaires. Ce n’est pas notre cas. Nous avons donc décidé de prendre notre temps et de compléter cette randonnée à travers le Torres del Paine en 5 jours, en espérant que la météo soit clémente.

On nous a prévenu que le climat de la Patagonie est particulièrement imprévisible et capricieux avec des vents violents, des pluies torrentielles par moment, des percées de soleil brulantes vu qu’il y a un trou dans la couche d’ozone, alors on s’attendait au pire. On abandonne donc nos iphones et notre petit confort, on enfile nos bottes de trek et nos gore-tex, on fait nos provisions de bouffe, et on fait nos prières (2 fois). Voici donc le récit de notre immersion totale dans cette nature sauvage et nos conseils pour les futurs voyageurs qui veulent relever ce défi au parc national Torres del Paine.

JOUR 0: ARRIVÉE À PUERTO NATALES ET PRÉPARATIFS

Briefing à Puerto Natales

Puerto Natales est la porte du parc Torres del Paine, un petit village fantôme qui a l’air d’avoir survécu à une bombe nucléaire. Partout ou on regarde, c’est un champs de guerre. La pauvreté est palpable. Les chiens errants font la loi. Le « centre ville », une artère principale de quelques centaines de mètres, est parsemé d’auberges de jeunesse, et de petits commerces locaux pour s’approvisionner avant d’affronter le Torres. Il est obligatoire de transiter par Puerto Natales afin d’accéder au parc et il y a des bus disponibles à partir de toutes les villes Chiliennes et Argentènes avoisinantes. Nous avons fait le trajet de 5h en bus à partir de El Calafate en Argentine.

Après s’être installés dans notre auberge qui ne paie pas de mine aux premiers abords, on se rend tout de suite au « Base Camp », un petit bistro sympathique dans lequel on offre chaque jour à 15h une séance d’information gratuite dans le but de bien préparer les trekkers à affronter l’imprévisibilité du parc. Le briefing de survie est très complet: on discute des différents circuits, de comment organiser ses journées pour s’assurer d’avoir un abris au dessus de la tête chaque soir, de comment s’habiller et s’équiper pour rester confo, de comment s’approvisionner en bouffe et en eau, on survole les mesures de sécurité pour éviter les bobos et autres pépins, et on s’échange tout plein d’autres trucs et astuces utiles. Si on a besoin d’équipement de randonnée ou de camping, on peut le louer ici. C’est aussi l’endroit idéal pour se faire de nouveaux potes et trouver des compagnons de trek. C’est d’ailleurs ici que nous avons fait la connaissance d’un groupe de belges qui avaient les mêmes intérêts que nous et le même parcours en tête. [alpine-phototile-for-instagram id=751 user= »lovetrotters » src= »user_tag » tag= »puertonatales » imgl= »instagram » dltext= »En live sur Instagram » style= »wall » row= »3″ size= »L » num= »15″ align= »center » max= »100″ nocredit= »1″]

Le W d’Ouest en Est ou d’Est en Ouest? Là est la question…

Une fois qu’on décide de faire la randonnée du W au Torres del Paine, la question récurrente que tout le monde se pose c’est: Est ce mieux de faire le W d’est en ouest ou d’ouest en est? C’est un débat perpétuel et vous trouverez toutes sortes d’argumentaires sur les différents forums et blogs de voyages. Sans trop rentrer dans les détails, la réponse est qu’il n’y a pas de meilleure façon de faire le W. La direction importe peu. Par contre, il est important de planifier son parcours selon ses attentes en termes de logement et en fonction de ses aptitudes physiques. Lorsqu’on fait le W, on choisi entre les types de logement suivants:

  • Option 1 – Les refuges: Il s’agit de petit chalets en bois équipés de dortoirs avec lits superposés, douches chaudes, toilettes et resto. Il est possible de louer le lit vierge si vous avez votre propre sac de couchage ou de réserver un sac de couchage ou toute la literie sur place. ll y a seulement 5 à 7 refuges ouverts au Torres del Paine selon la saison, ça limite donc les options de parcours. C’est peut-être l’option la plus confo mais c’est aussi la plus dispendieuse, vous vous en doutez bien, avec des prix abusifs allant jusqu’à 80$ le lit pour la nuit. Même avec ces prix exorbitants, il est très recommandé de réserver son lit à l’avance surtout en saison haute. Il est aussi possible de réserver la formule complète qui inclue le petit déj, le déjeuner ou la boîte à lunch et le souper. Ça vous évite de traîner de la bouffe pour 5 jours dans votre sac à dos, mais en même temps ça fait un beau trou dans votre portefeuille à 20$ le repas en moyenne. Les refuges sont gérés par 2 compagnies, Fantasticosur et Vertice, et toutes les réservations peuvent se faire directement en ligne.
  • Option 2 – Le camping payant: Ce sont des terrains de camping a proximité des refuges avec la possibilité de louer tentes, sacs de couchage et autres équipement de camping. Les campeurs ont accès aux douches et toilettes du refuge, ainsi qu’à une aire commune pour préparer leur propre nourriture. C’est l’option compromis. Un peu moins de confort, un peu moins de sous. Tout peut être réservés en ligne avec les mêmes 2 compagnies Fantasticosur et Vertice, qui monopolisent le parc.
  • Option 3 – Le camping sauvage gratuit: Ce sont des terrains de camping démunis de toute installation. Il faut donc être complètement autonome et trainer tout son équipement pour coucher, cuisiner etc. sur son dos pendant pratiquement tout le trajet. C’est l’option la plus économique bien évidemment mais aussi celle qui donne le plus de flexibilité en termes de parcours parce qu’il y a beaucoup plus de terrains de camping et ils sont situés plus proches des points d’intérêts.
  • Option 4: Une combinaison des 3 autres options.

Nous avons opté pour l’option de passer la nuit entre les 4 murs d’un refuge et d’y aller molo. En vérifiant l’emplacement des refuges, on peut alors décider de comment entreprendre le chemin du W et à quelle vitesse. C’est ainsi que nous avons décidés de faire le W d’Ouest en Est en passant 5 nuits dans des refuges différents, une décision que nous ne regretterons absolument pas, bien au contraire! Voici à quoi ressemblait notre parcours au Torres del Paine concrètement:

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Pour revenir à la question de la direction, selon notre propre expérience, il est préférable de faire le W d’Ouest en Est, pour plusieurs raisons:

  • Il y a plus de descentes que de montées. Certaines journées sont donc moins ardues.
  • Souvent, on a le vent dans le dos (non ce n’est pas négligeable).
  • L’expérience du parc monte en crescendo avec des paysages de plus en plus époustouflants tous les jours, et on laisse le meilleur (les tours Los Torres) pour la fin.
  • Il y a plus de descentes que de montées. Certaines journées sont donc moins ardues. Je sais, je l’ai déjà dit mais c’est finalement LE seul argument qui compte car le circuit du W est particulièrement éreintant.

JOUR 1: CATAMARAN ET RANDONNÉE VERS LE GLACIER GREY

Distance du trek: 11 km. Durée : 4 h.

On se lève à l’aube, on prend un bon p’tit déj et on se dirige à pied vers la station de bus de Puerto Natales pour un 2h de route vers le parc. Pour faire le W d’Ouest en Est, il faut prendre un autre bus à partir de l’entrée du parc jusqu’à Pudeto. Ensuite on prend le catamaran de midi, qui traverse le lac Pehoe vers le Refugio Grande, le point de départ de notre trek.

Sur le pont du catamaran, on commence déjà à réaliser la majestuosité du parc et un sentiment d’immense gratitude nous envahit. Le lac est d’une couleur turquoise à cause de la fonte des glaciers, et d’une texture laiteuse qui reflète les montagnes avoisinantes. On ne distingue plus le ciel de l’horizon. C’est juste hallucinant. Nous sommes tellement chanceux d’être là !

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Arrivés aux rives du premier refuge, le Torres Grande, d’autres randonneurs attendaient le catamaran qui allait les ramener à l’entrée. Ils venaient tous de compléter le W dans la direction contraire, d’Est en Ouest. On essaie alors de deviner qu’est ce qui se cache derrière leurs regards pétillants, fiers, un brin cernés, qu’est ce qui nous attendait. C’est notre tour! On se met à la queue leu leu avec nos nouveaux compagnons de trek belges et on attaque énergiquement le premier sentier en chantonnant « Un kilomètre à pied, ça use, ça use, un kilomètre à pied, ça use les souliers. Deux kilomètres à pied… ». 15 minutes plus tard, on fait déjà notre première pause. C’est ce qu’on appelle le « adjustment break », la pause nécessaire après très peu de temps de marche lorsque les muscles du corps commencent à peine à s’échauffer. On en profite pour reprendre notre souffle, ajuster nos sacs à dos, prendre une gorgée d’eau et se préparer mentalement pour marcher non stop pour les quelques prochaines heures.

La journée est parfaite! Gros ciel bleu, pas de vent, pas de nuages noirs menaçants, et plus on marche, plus des paysages féériques se révèlent. On aperçoit des petits îlots de glace qui flottent sur le lac opaque, puis de plus gros morceaux qui ressemblent à des mini icebergs errants. On doit sans doute s’approcher du glacier. Au premier Mirador, Le glacier Grey montre le bout de son nez et c’est impressionnant. Quelles photos prendre ? On a l’embarras du choix.

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4h plus tard, on arrive au refuge qui va nous abriter ce soir, le refugio Grey. L’adrénaline coule encore à flot dans nos veines. On décide alors de laisser nos sacs au refuge et de continuer l’ascension jusqu’au prochain mirador qui donne sur le majestueux glacier Grey, un glacier vivant  en perpétuel mouvement se frayant péniblement un chemin entre les montagnes. Nous sommes là juste à temps pour le coucher de soleil. De notre promontoire rocheux, nous n’attendrons pas bien longtemps avant de voir un petit bloc se décrocher du mur de glace et chuter avec résonance dans les eaux du lac. Quelle belle récompense !

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On est bien contents d’être de retour au refuge, installés à côté du poêle à bois pour dévorer notre copieux souper. Nos amis belges ont optés pour l’option camping payant pour cette nuit. A en juger par leurs mines léthargiques le lendemain, on était bien contents de ne pas les avoir accompagnés dans leur trip camping, et ils étaient bien jaloux aussi, bien que nos portefeuilles en aient soufferts. Les nuits sont particulièrement fraîches et humides au Torres del Paine.

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JOUR 2: DU GREY VERS LE REFUGE TORRE GRANDE

Distance du trek: 11 km. Durée : 4 h.

C’est une journée assez simple. Il suffit juste de rebrousser chemin, et revenir sur nos pas vers le refuge Torre Grande, la ou le catamaran nous a déposé la veille. ça nous permet de redécouvrir les paysages d’un tout autre point de vue, avec une luminosité différente. Il est aussi possible de faire une plus grosse ascension pour avoir une vue directement au dessus du glacier, dont les pics reflètent les premiers rayons du soleil. Nous n’étions pas suffisamment courageux pour nous réveiller avant l’aube et tenter cette ascension, mais il paraît que l’effort en vaut la chandelle. Ce n’est pas tous les jours qu’on est au Torres del Paine. 

Nous sommes chanceux, une autre belle journée ensoleillée sans un brin de vent, quelques grisailles par ci par la, mais rien de méchant. On commence à se demander si les locaux n’exagèrent pas un peu la réputation du climat maléfique de la Patagonie et du Torres del Paine. Hop, un dernier coup d’oeil sur le glacier et sur ses icebergs bleus dérivants, et c’est reparti!

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Arrivé à destination 4h plus tard, on prend possession de nos lits au refugio Torres Grande. On a encore du temps et de l’énergie, on décide alors d’escalader les collines qui donnent sur le lac turquoise Lago Pehoe pour une séance photo improvisée juste avant le crépuscule. Arrivés en haut, nous sommes absolument abasourdis par la vue, les couleurs splendides, et la sérénité qui règne au sommet. L’eau du lac est d’une couleur si prononcée qu’elle amplifie la beauté du site. Les nuages dansent dans le ciel, et la lumière change à vue d’oeil nous révélant différentes palettes de couleurs fluos. Après quelques instants de pure contemplation, on sort nos objectifs pour immortaliser cette beauté naturelle bouleversante. Photos, petite séance de méditation, puis d’autres photos.  Même pas besoin de retouches. Wow, merci la vie !

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Le temps d’une bonne douche tiède et un autre bon souper copieux nous attendait. Cette fois, nous sommes rejoins par plus de monde. C’est un plaisir de faire la connaissance de nouvelles personnes tous les jours et de partager nos expériences et nos impressions, mais c’est aussi dommage qu’on doive se dire au revoir si rapidement. Le Torres del Paine, chacun le vit différemment, souvent au gré de la météo. Histoires drôles, histoires tristes, anecdotes, péripéties, on se partage nos récits en rechargeant nos batteries.

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JOUR 3: DU REFUGE TORRE GRANDE VERS LE REFUGE CUERNOS EN PASSANT PAR LA VALLÉE FRANCÈS

Distance du trek: 22 km. Durée : 11 h

Cette troisième journée est sans aucun doute la plus longue et la plus éreintante avec 22km à parcourir, et une ascension à pic de plus de 800 mètres. On commence à l’aube pour espérer être au prochain refuge avant la tombée de la nuit. La première partie du trek entre le refuge Torre Grande et le terrain de camping Campamento Italiano est une randonnée assez sympathique sans trop d’embûches. On passe à travers la forêt et on peut voir les paysages désolants de végétation morte victime d’un énorme incendie qui a ravagé le 1/3 du parc en 2012. Le feu était occasionné par un jeune campeur qui a manqué de vigilance. Conséquence: 14,000 hectares de forêts et de landes, furent détruites, 700 touristes évacués, le parc Torres del Paine fermé pour quelques jours, un jeune homme incarcéré, une très grosse amende et des séquelles inguérissables. Ça pèse très lourd sur le coeur des gardes forestiers et sur le peuple Chilien.

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Nous traversons un des multiples ponts suspendus du parc pour arriver au campement Campamento Italiano, notre premier pitstop. C’est à partir de ce campement que commence la deuxième partie du trek, une grosse ascension à travers la vallée Frances. Il est possible de laisser son sac au campement pour faire l’ascension plus léger en gardant seulement sur soi son lunch, son eau et son appareil photo. La montée est extrêmement dure et surtout, absolument interminable. Il n’y a pas vraiment de chemin. Il faut enjamber de grosses pierres lisses glissantes, et se faufiler entre des crevasses, puis escalader d’autres pierres irrégulières et hautes comme des immeubles. Un vrai calvaire! J’ai failli abandonner et rebrousser chemin à plusieurs reprises mais une petite pause chocolat, un petit mot d’encouragement et un regard furtif sur les paysages qui nous entourent, et mes muscles retrouvaient un peu de forces pour continuer.

Arrivés au premier mirador, nous sommes accueillis par tout un show. On en oubli presque les 4h de souffrance qui nous en menées là. D’un côté, l’immense glacier del Frances avec ses corniches de neige qui se décomposent bruyamment sous nos yeux ébahis à coups de grosses avalanches de glace et de pierres. Et de l’autre côté, un spectacle étourdissant de lumières sur les aiguilles et les flancs graniteux des montagnes trapues du Cuernos del Paine. Et en arrière-plan, les eaux turquoise du lac Nordenskjold et les silhouettes des îlots et sierras qui l’entourent. On se sent petits et chétifs au flanc de ces montagnes imposantes.

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L’ascension n’est toujours pas finie. On est tous super excités du spectacle VIP auquel on vient d’assister, alors ça nous redonne des forces pour attaquer la prochaine montée à pic vers le plus haut mirador, qui est perché presque au dessus des nuages. Le chemin passe à travers des clairières, des rivières, des cascades, et une forêts dense aux couleurs automnales allant du jaune moutarde à un rouge flamboyant. C’est absolument magique! Arrivés tout en haut, exténués et dépourvus de toute énergie, on célèbre cette victoire avec nos compatriotes trekkers, juchés en haut d’un énorme rocher, avec une vue plongeante sur le parc Torres del Paine qui s’étend à perte de vue.

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Tout ce qui monte redescend. Troisième partie de cette longue journée de trek: redescendre au Campamento Italiano, récupérer les sacs, et continuer vers le prochain refuge, le Refugio Cuernos. Il faut lutter contre la gravité, dévaler des pentes raides, enjamber de grosses racines d’arbres, sauter de pierres en pierres, et surtout éviter de se perdre dans cet immense étendue de rocheuses. c’est un vrai parcours de combattants. Il est nécessaire de rester super vigilant pour ne pas dégringoler la côte trop vite et se casser la gueule ou se tordre quelque chose. Nos pauvres genoux souffrent le martyre. On a bien fait de traîner nos bâtons finalement.

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Arrivés en bas, il ne reste plus que 2 à 3h de marche entre le Campamento Italiano et le refuge Cuernos. La fatigue rend chaque minute plus longue. Nous longeons une plage de galets aux rives du lac Lago Nordenskjold aux reflets émeraude, en se demandant si on allait arriver au refuge avant la tombée de la nuit. « Il est ou ce foutu refuge ? ». On commençait à peine à perdre patience qu’on aperçoit au loin de faibles lueurs émanants du fin fond du bois, un signe rassurant de civilisation. Le soleil se couche et on arrive ENFIN au refuge, absolument lessivés, nos muscles bien endoloris, mais fiers d’avoir survécu à cette journée interminable. Autant vous dire que la bouffe goutait plus bon que d’habitude et nos lits, bien que rudimentaires, semblaient plus douillets que jamais.

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JOUR 4: DU REFUGE CUERNOS VERS LE REFUGE TORRES CENTRO OU AU REFUGE CHILENO

Distance du trek: 11 km. Durée : 4 h.

La journée commence mal. Premièrement, il pleut des cordes. Deuxièmement, on entend des rumeurs comme quoi des souris ont passés la nuit à grignoter tout ce qui s’apparentait à de la bouffe à l’intérieur des chambres. Les poils s’irisent sur ma peau aux ouïes de cette rumeur terrifiante, et il ne se passe pas 5 minutes avant que j’aperçoive effectivement une énorme souris obèse gavée aux cookies jaillir d’une des chambre. Je pousse un crie de détresse et je saute sur place, la souris est pétrifiée de peur et moi aussi. Mike vient à la rescousse! Ici, même si les chats sont là, les souris dansent. Elles sont partout, et tout le monde s’en fout. Quelle horreur ! Vite, déguerpissons de cet endroit au plus vite!

Heureusement, la pluie s’arrête très vite et les nuages noirs laissent maintenant pénétrer les premier rayons de soleil. Le ciel brumeux, les montagnes dramatiques et les premières lueurs du jour créent une atmosphère théâtrale. On s’attarde à prendre quelques photos de ce paysage grisonnant mais touchant.

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Le ciel s’éclaircit très vite. Le trek de la journée est facile, sans trop d’embûches. On marche à travers le bois et ensuite à travers des plaines ouvertes, ce qui nous permettait de voir un peu plus de la faune. La faune ici est pas mal marrante. Il paraît qu’il y a des pumas dans la forêt, qu’on ne va jamais voir parce qu’ils évitent les humains comme la peste. On a aperçu des lièvres et des chevaux sauvages, des guanacos qui sont des sortes de lamas non apprivoisés, des faucons en altitude, des flamands roses autour des lacs, et de drôles d’autruches sauvages qui gambadaient sur les plaines. Pas vraiment le genre d’animaux qu’on s’attendait à voir au Torres del Paine.

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À l’origine, on voulait passer la nuit au refuge Chileno qui est plus en altitude et plus proche des tours Los Torres qu’on visite le lendemain. La rumeur court qu’assister au lever du soleil au pied des tours Los Torres est absolument magique. Comme c’est une ascension de plus de 5h avec un dénivelé de plus de 1000m, il est préférable de passer la nuit le plus proche des tours au refuge Chileno ou au camping Campamento Torres pour se lever seulement 1 à 2h avant le lever du soleil et tenter l’ascension vers les tours. Malheureusement, le refuge Chileno était fermé parce qu’apparemment c’était déjà la basse saison. Bon… Nous n’avons pas le choix, nous devons aller à un des plus gros refuges plus bas. Nous devons aussi nous séparer de nos compagnons belges qui veulent tenter l’ascension vers le plus haut point et passer la nuit dans un des campements plus proche des tours pour tenter de voir le lever du soleil sur les tours le lendemain. Consolation: on arrive plus tôt que prévu au refuge Torre Centro. Nous avons donc le temps de prendre quelques photos des alentours, faire une sieste à côté du poêle à bois, et manger comme des ogres en préparation à la dure journée de trek du lendemain.

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Cette fois, nous partageons la chambre avec une femme inspirante, qui réalise son rêve de faire le tour du monde toute seule la cinquantaine passée. Ses histoires sont captivantes et son sourire contagieux. Elle a inspiré un de ses amis de longue date à la rejoindre pour faire un bout de chemin ensemble en Amérique du sud. Nous discutons de notre philosophie du voyage et de nos aspirations respectives, et elle nous donne pleins de bonnes idées pour enrichir notre expérience culturelle dans chacun des pays qu’on va visiter.

Une dernière question se pose avant d’aller faire dodo: Mais comment assister au lever du soleil aux pieds des Tours ? Nous sommes si loin… mais si proche en même temps. En faisant quelques calculs, nous déduisons que la seule façon d’être tout en haut au levée du soleil serait de se lever au milieu de la nuit vers 2h du mat, et d’entamer l’ascension de 5h pendant la nuit en direction des tours. ça paraît complètement fou… mais faisable néanmoins! Nous n’écartons donc pas cette possibilité. On prépare nos sacs, nos lampes frontales, nos provisions et on mets le réveil à 2h du matin. On verra bien si on est toujours aussi barjots et aussi motivés avec un réveil aussi prématuré. La nuit porte conseil!

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JOUR 5: ALLER RETOUR VERS LES TOURS LOS TORRES À PARTIR DU REFUGE TORRES CENTRO

Distance du trek: 20 km. Durée : 9 h.

2h du matin. Le réveil sonne. Hop, on se dégage de nos sacs de couchage, et sans se dire un mot, on commence déjà à se préparer silencieusement pour ne pas réveiller nos « roomates », pour le trek le plus culotté à date. La nuit est noire, pas de lune, pas d’étoiles, aucune indication du temps qu’il fait, mais concentrons nous sur le positif, au moins il ne semble pas venter et il ne pleut pas. Nous sommes étonnement en pleine forme, rafraîchis par cette courte nuit de sommeil, et gonflés à bloc pour réussir cette ascension dans l’obscurité totale afin de découvrir ces fameuses tours, l’emblème du parc, la cerise sur le gâteau, au summum de leur beauté au lever du soleil. Couches thermiques, lampes frontales sur la tête, réserves d’eau et barres protéinées sur le dos, nous sommes fin prêts!

Marcher dans la noirceur, sans voir le bout de son nez, en se guidant à l’aide d’une simple torche LED, à travers forêts et montagnes, c’est quelque chose que je n’aurais jamais pensé faire très honnêtement. J’avoue que c’était assez angoissant d’entendre les bruits de la forêt sans pouvoir voir d’où ça provenait. C’est déstabilisant comment tous les sens sont amplifiés. L’imagination de l’être humain est très fertile et tout pleins de questions absurdes et de scénarios rocambolesques nous traversent l’esprit. Que font les pumas à cette heure de la nuit? C’est carnivore des Guanacos?

Nos lampes éclairent à peine le chemin pour nous permettre de mettre un pied devant l’autre, la prudence est donc de mise. C’est ainsi qu’on traverse des ponts, des rivières, on monte des collines et on les redescend en s’imaginant les paysages féériques auxquels nous as habitué cette région de la Patagonie. On se sent comme des explorateurs de National Geographic à la conquête d’un territoire sauvage, à la recherche du Saint-Graal.

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2h de marche plus tard, on arrive à une petite baraque en bois qui a l’air d’être abandonnée. C’est le fameux refuge Chileno, qui est supposément fermé en basse saison. On tente d’ouvrir la porte et à notre grande surprise, la porte s’ouvre! À l’intérieur, on remarque quelques paires de chaussures de randonnées et d’autre articles qui laissent sous-entendre qu’un certains nombre de personne sont certainement en train de dormir ici. Il est maintenant 4h du matin. Sans activité physique, et avec des vêtements humidifiés par la sueur, on commence à avoir froid. On s’improvise des jeux pour se tenir au chaud en attendant que quelqu’un se manifeste. On était persuadés que nos amis belges ont réussi à se rendre à ce refuge la veille et qu’ils sont probablement en train de roupiller dans les dortoirs. Quelques minutes passent et on entend les grésillements d’une porte. C’est le responsable du refuge qui a l’air d’avoir vu des fantômes. Il ne parle pas anglais et on ne parle pas espagnol mais nous avons réussi à expliquer la situation et à nous comprendre tant bien que mal. C’est alors qu’il décide de nous prendre sous son aile, de nous préparer du thé chaud, d’allumer le poêle à bois pour nous réchauffer et faire sécher nos habits, et de carrément nous offrir un petit dej. Nous faisions pitié à ce point…

Pendant qu’on commence à reprendre vie, d’autres silhouettes apparaissent et on reconnait des voix familières. Ce sont nos 6 amis belges qui se lèvent à l’aube pour entamer eux aussi l’ascension. Quel heureux hasard ! Nous sommes tous emballés de nous être retrouvés dans ces circonstances. Tout le monde sort ses torches et on y va comme des guerriers pour entreprendre 3 autres heures d’ascension dans la nuit noire. Les derniers kilomètres sont les plus à pic de tout le trek. On doit souvent se mettre à 4 pattes pour escalader certains rochers ou pour se tenir en équilibre. L’ascension est ardue, à la limite dangereuse, mais au moins c’est beaucoup plus rassurant d’être en groupe.

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Arrivés au sommet, les premières lueurs du jour éclairent timidement l’horizon. Une brume épaisse plonge l’endroit dans une sorte d’ambiance ténébreuse. Les nuages obstruent la vue, il doit faire au moins -3000 degrés, et on n’aperçoit aucune trace de ces satané tours. En fait, on ne sait même pas dans quelle direction regarder. Ça nous fait une belle jambe de nous être réveillés aussi tôt et d’avoir fait tout ce chemin dans le noir. On est rejoint petit à petit par une autre dizaine de trekkers ambitieux, dont les espoirs d’assister à ce fameux lever du soleil sur les tours, s’évaporent dès qu’ils sont plongés à leur tour dans cette brouillasse opaque. Comble du comble, il commence à grêler puis à neiger. Tout le monde est gelé, tout le monde est claqué, tout le monde est déçu, tout le monde devient grincheux. Bref, l’atmosphère est morose. Pendant que certains s’impatientent et rebroussent chemin, de notre côté, on en profite pour prendre quelques photos de ce paysage lunaire mystérieux. On dirait vraiment qu’on est sur une autre planète.

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1h plus tard, le brouillard commence à se dissiper. On dirait que la nature nous taquine. Un petit éclairci à gauche, puis une autre petite ouverture à droite, une lueur d’espoir, et ça se recouvre à nouveau. Les tours ne veulent pas se dévoiler sans suspense quand même. À cette altitude et sous cette couverture de nuages maussades, nous sommes absolument frigorifiés et quelque peu découragés. Afin de se réchauffer, on commence à trottiner sur place, à faire quelques « Jumping Jacks », quelques pompes, et ça marche. Nos amis belges doivent malheureusement nous quitter pour ne pas rater leur bus de retour. Ils sont dégoûtés de ne pas avoir aperçu les tours. D’autres suivent leurs pas en râlant. Il n’est pas question pour nous de quitter ce lieu avant d’avoir vu les tours du Torres del Paine.

Encore une autre bonne heure d’attente, et le soleil commence à peine à percer le tapis nuageux et à se faufiler à travers les creux des montagnes. L’air se réchauffe graduellement et les nuages commencent à se dissiper aussitôt avec une vitesse surprenante. Les tours montrent le bout de leur nez juste le temp d’une photo, puis disparaissent à nouveau. C’est un vrai supplice!

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Au petit matin, il ne reste plus qu’une dizaine de personnes sur place dont 2 photographes professionnels qui se font envoyer les prévisions météo en temps réel par satellite. Après presque 3h d’attente dans des conditions abominables, nous ne perdons toujours pas espoir. Soudain, aussi vite que le temps s’est couvert, il se découvre. Le soleil tape fort, le fond de l’air se réchauffe, les nuages disparaissent laissant place à un beau ciel bleu dégagé. Nous avons presque à nous seuls une vue imprenable sur les trois tours majestueuses, trois pics granitiques qui culminent à 2 600 m, 2 800 m et 2 850 m. Mais comment de telles formations géologiques se sont créées naturellement ? Nous n’avons aucune espèce d’idée mais en tout cas, c’est fascinant. Ça valait le coup d’attendre.

Tout le monde a maintenant quitté le site. Nous sommes absolument TOUT SEULS face à cette merveille de la nature. On la contemple calmement, on la photographie sous tous ses angles, on se prélasse au soleil, et on célèbre notre victoire. Ha quelle belle récompense ! Nous l’avons bien mérités quand même. Nous sommes sur un petit nuage (littéralement).

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Il est temps de redescendre avant que la horde de touristes n’inonde la place. C’est comme si nous empruntions ce chemin pour la première fois. À la lumière du jour, nous découvrons les passages hasardeux que nous avons dû emprunter plus tôt cette nuit là. C’est presque un miracle si personne ne s’est fait mal. C’est avec beaucoup de nostalgie que nous empruntons le chemin du retour, sachant que c’est notre dernière journée de trek. La météo est absolument parfaite, plus aucun signe des nuages qui nous taquinaient ce matin. Sur le sentier, nous croisons plusieurs groupes de touristes haletants, essoufflés accompagnés de leurs guides et de leurs chevaux qui trainent un amas de bouffe et d’eau et tout un attirail d’équipement de secours. C’est marrant!

Les paysages de cette dernière journée sont tout aussi époustouflants. Cependant, nos corps commencent à fatiguer, nos genoux fléchissent, nos dos font mal, tous nos muscles sont endoloris. La journée est super longue, et on sent qu’il est temps de se reposer. Allez, plus que 4h de descente et c’est fini.

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Pour se récompenser d’avoir réussi le circuit du W du Torres del Paine sans aucun bobo majeur, nous décidons de nous payer une « suite » dans un des campements de luxe du parc, le EcoCamp Patagonia. Il s’agit d’un campement écologique  avec un impact minimal sur la nature environnante. Leur « éthos » nous touche, et leurs énormes lits chauffés nous parlent encore plus. Notre « suite » est une sorte de dome géodésiques inspirés des yourte des tribus Kaweskar. Elle est équipée d’un foyer en bois, et d’une salle de bain privée avec douches extra chaudes (Youpi) et toilettes dernier cri qui font du composte. Tout le campement fonctionne avec un minimum d’énergie et tout ce qui peut être recyclés l’est. C’est très impressionnant de voir un tel mariage entre luxe et développement durable. Nous nous sentions ainsi moins coupables de s’offrir cette petite extravagance au beau milieu de cette belle nature sauvage.

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Cette soirée là, le ciel scintillait avec toute sa splendeur. On pouvait voir toutes les étoiles et la voie lactée à partir de notre terrasse privée. Repus et bien reposés, on décide de se faire une petite séance photo à la belle étoile. Les résultats sont surprenants.

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JOUR 6: ECOCAMP ET RETOUR À PUERTO NATALES

On se réveille de bonne heure le jour suivant avec encore un beau spectacle de lumière dans le ciel. C’est aujourd’hui qu’on quitte le Torres del Paine, l’égo bien gonflé et la tête remplie de souvenirs.

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VERDICT DU TREK DU W AU TORRES DEL PAINE

Le Torres del Paine, c’est un « Must »! On n’a pa visité la Patagonie sans l’avoir affronté. Le parcours du W tient toutes ses promesses et plus encore, tant que la météo est clémente bien entendu. Nous étions chanceux d’avoir du beau temps presque tous les jours mais il faut toujours se rappeler qu’en Patagonie, il est nécessaire d’être patient, et d’accepter d’être complètement à la merci de dame nature. Toutefois, la récompense est grandiose.

D’un autre côté, les treks dans le Torres del Paine représentent un business juteux dont les profits ne reviennent pas directement au parc puisque ce sont 2 entreprises privées Vertice et FantasticoTour qui monopolisent les possibilités d’hébergement à l’intérieur du parc à des prix exorbitants, et qui se partagent ce beau gâteau. Quand on pense que la nature appartient à tout le monde, c’est regrettable de voir un parc national se transformer en une attraction accessible seulement aux plus privilégiés, où le profit est plus important que le partage du patrimoine. 

En quittant le parc, on garde une seule phrase en tête. La phrase qu’on apercevait sur les quelques pancartes du parc à chaque fois qu’on était prêts à abandonner, à chaque fois qu’on oubliait qu’on était privilégiés de vivre une telle expérience. « La vie est un long weekend ! » C’est tellement bien résumé.

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Nous quittons ainsi avec beaucoup de nostalgie ce magnifique pays, mais sommes toutefois impatients de visiter les terres Patagoniènes de son ennemi juré, l’Argentine. Direction El Calafaté !

Conseils pour les aventuriers qui comptent affronter le Torres del Paine

Qu’est ce qu’il faut emmener?

Il faut se rappeler que tout ce qu’on emmène, on le traîne sur notre dos pendant plusieurs dizaines de kilomètres pendant plusieurs jours. Il faut donc emmener le strict nécessaire. En termes de fringues, la règle d’or est d’emmener une paire de chaque article de vêtement pour avoir 2 sets: le set de vêtements secs et le set de vêtements mouillés. J’explique: Comme le climat de la Patagonie est lunatique, il est très très très probable de se retrouver trempé et emboué de la tête aux pieds pendant le trek de la journée. Une fois au camp, on a donc besoin de mettre des vêtements secs et chauds pour être confortable et reprendre des forces pour le lendemain. Le lendemain, on remet notre set de vêtements de trek mouillés qui ont (on l’espère) séchés entre temps, et rebelote pour le reste des journées. Oui, ça veut dire qu’on met les mêmes choses tous les jours. C’est ça la vie d’aventurier. Voici les articles indispensables à avoir sur soi:

  • Des bottes de randonnées anti-dérapantes idéalement waterproof. Pas de chaussures neuves et pas de chaussures de location sinon bonjour les ampoules, et comme on marche tout croche avec des ampoules, bonjour les entorses!
  • Des chaussures fermés à mettre le soir au camp ou à mettre en attendant que les bottes de randonnée sèchent le cas échéant.
  • 2 paires de chaussettes de randonnées anti-ampoules en laine de préférence pour évacuer l’humidité et éviter les odeurs. Surtout pas de coton. On répète tous ensemble: « Le coton est notre pire ennemi ».
  • 1 pantalon de randonnée léger coupe vent. Pas nécessaire qu’il soit en gore-tex waterproof car ça a tendance à respirer mal et ça emprisonne toute l’humidité.
  • 1 autre pantalon confo à mettre le soir.
  • 2 couches thermiques (sous-vêtement et polaire) préférablement en laine mérino. C’est ce qu’on avait et ça vaut l’investissement. Le coton c’est quoi? Notre pire ennemi!
  • 1 veste légère coupe vent résistante à l’eau ou waterproof. On oublie le poncho ou le parapluie, c’est absolument inutile avec des vents de plus de 120km/h. On oubli aussi le couvre sac à dos qui va se transformer en parachute à la moindre bourrasque de vent.
  • 1 bonnet, chapeau, ou bandana, bref quelque chose à mettre sur la tête pour serrer les cheveux, absorber la transpiration, protéger du froid ou du soleil.
  • Des gants.
  • La crème solaire à mettre en tout temps car il n’y a pas de couche d’ozone dans la région.
  • Un drap de soi à utiliser comme doublure à l’intérieur du sac de couchage de location.
  • 1 appareil photo.
  • Des bâtons de trekking. Certains diront qu’ils ne sont pas absolument nécessaire, pour nous ils l’étaient. Les montées sont parfois très escarpées et les descentes vertigineuses. Les bâtons aidaient à mieux répartir le poids et l’effort, et à amortir les chocs sur nos pauvres genoux de trentenaires, d’autant plus, ça fait des bras et des épaules bien musclés.

Comment on fait pour la bouffe?

Pour la bouffe, si vous comptez emmener et préparer vos propres repas, il faut bien planifier chaque repas et acheter des articles légers, nourrissants, non périssables, et faciles à préparer du genre: du riz pré-cuit, des pâtes, des soupes en poudre (qui peuvent servir de sauces si on met moins d’eau), du grueau, des noix et fruits secs, des barres de céréales et granola, et du chocolat pour le petit boost d’énergie et de moral. Rappellez vous aussi que tout ce que vous rentrez au parc, vous êtes responsable de le sortir du parc donc vous allez devoir traîner tous vos déchets, il n’y a aucune poubelle nulle part à l’intérieur du parc. Évitez donc les boites de conserves et les fruits frais qui vont être trop lourds et encombrants. A noter aussi qu’il est strictement interdit d’allumer du feu dans le parc, donc si vous compter cuisiner sur les terrains de camping, il faut aussi trainer une petite bonbonne de propane et les ustensils nécessaires pour faire chauffer la nourriture et faire bouillir de l’eau. Si vous optez pour la formule repas inclus dans les refuges comme nous l’avons fait, ça gruge votre budget mais ça facilite pas mal les choses. Vous n’êtes plus obligés de trainer des provisions et des ustensile de cuisine. Les repas servis ainsi que les boites à lunch sont assez basiques mais suffisamment nutritifs. Par contre, on vous recommande fortement d’emmener quand même quelques snacks comme des noix, des dates, un saucisson ou du fromage dur pour booster l’apport protéique. Pour ce qui est de l’eau, c’est facile! L’eau des rivières et ruisseaux du parc est fraîche, potable et abondante. Pas besoin de traîner des litres d’eau sur votre dos, juste une gourde ou un camel bag (sac d’hydratation) que vous pourrez remplir au fur et à mesure dans les cours d’eau du parc. ça fait un peu Robinson Crusoé et ça rajoute à l’authenticité de l’expérience

 

Et son sac?

Conseil super pratique, tout ce qui va dans le sac à dos doit absolument être mis dans des ziplocs, et les ziplocs dans des gros sacs poubelles. Donc, ziploc de chaussettes, ziploc de sous-vêtements, ziploc de pantalons, etc. le tout dans un sac poubelle de vêtements. Et ensuite pleins de ziplocs pour la bouffe dans un sac poubelle séparé. Oui, oui, croyez moi, vous me remercierez après. Ainsi, tout va toujours rester sec, frais, et à l’abris des petits rongeurs qui peuplent les terrains de camping et les refuges. Donc avec tout ça, vous êtes parés pour explorer le parc. Une bonne nuit de sommeil et c’est parti!

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Bon vent!

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